MaDermato.com - Dr Claudine MARQUART-ELBAZ

L’herpès (ou « bouton de fièvre »)

 

Généralités

Cause

L’herpès est lié à l’infection de la peau par un virus : il s’agit donc d’une maladie contagieuse. C’est une maladie bien connue sous le nom de « bouton de fièvre ». En effet, dès lors que l’on a été contaminé un jour, on a tendance à refaire des poussées d’herpès quand on est fatigué, donc par exemple lorsqu’on est malade et qu’on a de la fièvre.

On attrape la maladie lorsqu’on entre en contact avec une personne qui présente des lésions. L’herpès peut affecter plusieurs régions du corps :

-          l’herpès buccal se contracte souvent après un simple baiser

-          l’herpès génital se transmet lors d’un rapport sexuel : il fait partie des 3 infections sexuellement transmises (IST) les plus fréquentes.

-          enfin d’autres endroits peuvent être touchés : une infirmière peut développer un herpès au bout du doigt après avoir touché un malade atteint, des lésions peuvent apparaître sur la fesse ou le tronc si du virus a été déposé à cet endroit, surtout s'il y avait une blessure.

A partir du moment où le virus a pénétré notre organisme, il reste tapi dans les ganglions, près à resurgir en suivant le trajet des nerfs, jusqu’à la peau et ainsi à reproduire de nouvelles lésions souvent au même endroit chez un même individu.

Il faut savoir que la majorité des personnes sont immunisées contre l’herpès, c’est-à-dire qu’elles ont déjà attrapé le virus et qu’il « sommeille » dans leurs ganglions : cependant seule une minorité de personnes souffre de rechutes régulières.

Il existe deux virus de l'herpès. L'herpès de type 1 contamine plutôt la bouche et le visage. L'herpès de type 2 contamine plutôt les organes génitaux. Cependant, l'inverse est possible.

 

Aspect

Herpès (rechute) Herpès (1ère poussée)

La première poussée d’herpès est souvent très forte. Chez les enfants, l’herpès buccal peut donner une inflammation avec des ulcérations de toute la bouche, des douleurs importantes, l’impossibilité d’avaler quoi que ce soit pendant quelques jours et la présence de gros ganglions sous la gorge. L’herpès génital est aussi très douloureux avec des ganglions aux plis de l’aine, parfois des difficultés pour uriner. Les symptomes disparaissent en quelques jours.

Heureusement, les poussées suivantes sont plus discrètes. Après avoir ressenti des picotements, qu’on finit à bien identifier après quelques poussées, on voit apparaître des petits boutons remplis de liquide transparent puis blanc groupés sur 1 ou 2 cm². Ensuite, les boutons se dessèchent en formant des croûtes jaunâtres.

 

Avant la consultation

Prévenir

En l’absence de poussée, les personnes déjà contaminées ne sont en général pas contagieuses. En revanche lors des poussées, elles doivent éviter d’avoir des contacts trop rapprochés avec les autres. En cas d’herpès buccal, il faut éviter d’embrasser les autres, particulièrement les femmes enceintes et les enfants en bas âge.

L’herpès génital est une maladie sexuellement transmissible contre laquelle on peut lutter en utilisant des préservatifs. Attention, un herpès génital peut contaminer la bouche (ou l’inverse) en cas de rapports sexuels bucco-génitaux, comme une fellation. Les femmes enceintes qui souffrent d’herpès génital peuvent contaminer leur bébé lors de l’accouchement ; ces femmes sont donc particulièrement surveillées lors de leur grossesse, car l’herpès du nouveau-né est parfois grave.

Traiter

Lorsque le diagnostic a été initialement confirmé par un médecin, et qu’on reconnaît bien les rechutes, on peut acheter en pharmacie des crèmes contenant de l’aciclovir. Il faut les appliquer 5 fois par jour dès les premiers picotements, ce qui hâte la guérison.

 

La visite chez le dermatologue

Le dermatologue diagnostiquera en général l’herpès au premier coup d’œil. En cas de doute, il vous demandera peut-être de passer au laboratoire pour réaliser un prélèvement virologique : cela consiste à frotter un coton-tige sur les lésions. On met ensuite le prélèvement en culture et on peut affirmer ou infirmer la présence du virus après quelques jours. On peut aussi réaliser une prise de sang qui permettra de savoir si on a déjà été contaminé, voire si cette contamination est récente.

Traitement

Le traitement sera différent s’il s’agit de la première poussée ou si au contraire c’est une rechute. On pourra prescrire une crème contenant de l’aciclovir si la poussée est peu importante, voire juste une pommade antibiotique si on est déjà au stade des croûtes.

En revanche, si c’est la première poussée ou que les lésions sont importantes, on prescrit un traitement en comprimés à prendre durant 5 à 10 jours: en général du valaciclovir (Zélitrex*).

Enfin, lorsqu’une personne développe trop souvent des rechutes (en général à partir de 6 par an), on propose un traitement préventif (1 comprimé de valaciclovir par jour pendant 4 mois).

Si vous venez d'être contaminé, pas de panique! La plupart des gens font très peu ou pas du tout de rechute, même s'ils gardent le virus en eux.

 

Conclusion

L’herpès reste une maladie contagieuse, parfois sexuellement, qu’on peut soigner mais pas guérir définitivement. Le dermatologue guidera le choix thérapeutique entre application de crème et prise de comprimés. D’ici quelques années, un vaccin sera peut-être disponible.